
Malus CO2, malus au poids et carte grise régionale : tout ce qui compose le coût d'immatriculation d'une voiture de luxe ou de sport en France, expliqué et chiffré.
Mis à jour le par Veille fiscale Luxydrive — barèmes d'immatriculation, 6 pays

Le coût d'immatriculation d'une voiture en France est la somme de trois montants : la taxe régionale, le malus CO₂ et 13,76 € de frais fixes nationaux. Sur une citadine récente, le total tient en quelques centaines d'euros. Sur une GT thermique, le malus CO₂ atteint son plafond de 80 000 € et représente à lui seul plus de 98 % de la facture.
Les trois postes, dans l'ordre où ils s'additionnent :
S'y ajoute, sur les véhicules lourds, le malus au poids — plafonné de sorte que le cumul des deux malus ne dépasse pas le maximum du malus CO₂.
C'est la confusion la plus fréquente, et la réponse tient en une phrase : le malus CO₂ ne se calcule pas sur les chevaux fiscaux.
Les deux notions financent deux taxes différentes du même document :
Deux voitures de puissance identique peuvent donc payer un malus très différent, et deux voitures au même CO₂ peuvent payer une taxe régionale très différente. La seule chose qu'elles ont en commun, c'est de figurer sur la même carte grise.
⚠️ Un cas particulier entretient la confusion : les véhicules qui n'ont pas de réception communautaire — donc pas de valeur de CO₂ homologuée — sont taxés selon un barème fondé sur la puissance administrative. C'est l'unique situation où un malus se calcule en chevaux fiscaux. Elle concerne des véhicules rares, pas une voiture de série achetée dans l'Union européenne.
Pour tout véhicule immatriculé pour la première fois en France depuis le 1ᵉʳ janvier 2021, la puissance administrative se calcule à partir de la seule puissance nette maximale du moteur, exprimée en kilowatts (case P.2 de la carte grise) :
PA = 1,80 × (PM/100)² + 3,87 × (PM/100) + 1,34
Deux détails changent le résultat, et ils sont souvent mal repris :
Quelques repères calculés avec cette formule :
| Puissance moteur | Calcul | Chevaux fiscaux |
|---|---|---|
| 100 kW (136 ch) | 7,01 | 8 CV |
| 150 kW (204 ch) | 11,20 | 12 CV |
| 200 kW (272 ch) | 16,28 | 17 CV |
| 250 kW (340 ch) | 22,27 | 23 CV |
| 300 kW (408 ch) | 29,15 | 30 CV |
| 400 kW (544 ch) | 45,62 | 46 CV |
| 500 kW (680 ch) | 65,69 | 66 CV |
Chaque conseil régional vote son tarif. L'écart entre la région la moins chère et la plus chère est de 17 € par cheval fiscal — soit 187 € de différence sur une carte grise de 11 CV, et près de 1 000 € sur une supercar de 60 CV, pour exactement la même voiture.
| Région | Tarif du CV | Carte grise de 11 CV |
|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 43,00 € | 473,00 € |
| Bourgogne-Franche-Comté | 60,00 € | 660,00 € |
| Bretagne | 60,00 € | 660,00 € |
| Centre-Val de Loire | 60,00 € | 660,00 € |
| Corse | 53,00 € | 583,00 € |
| Grand Est | 60,00 € | 660,00 € |
| Hauts-de-France | 43,00 € | 473,00 € |
| Île-de-France | 54,95 € | 604,45 € |
| Normandie | 60,00 € | 660,00 € |
| Nouvelle-Aquitaine | 58,00 € | 638,00 € |
| Occitanie | 59,50 € | 654,50 € |
| Pays de la Loire | 51,00 € | 561,00 € |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 60,00 € | 660,00 € |
En 2026, le malus CO₂ se déclenche à 108 g/km pour 50 € et plafonne à 80 000 € dès 192 g/km. Entre les deux, le barème est défini gramme par gramme : chaque gramme supplémentaire a son propre montant, et la progression est tout sauf linéaire.
C'est ce qui surprend le plus : entre 160 et 170 g/km, dix grammes coûtent 13 610 €. Sur une voiture de sport, un choix d'option qui alourdit de quelques grammes se paie des milliers d'euros.
| Émissions CO₂ | Malus dû |
|---|---|
| 108 g/km | 50 € |
| 110 g/km | 100 € |
| 120 g/km | 310 € |
| 130 g/km | 983 € |
| 140 g/km | 2 205 € |
| 150 g/km | 4 279 € |
| 160 g/km | 8 770 € |
| 170 g/km | 22 380 € |
| 180 g/km | 45 990 € |
| 190 g/km | 76 800 € |
| 192 g/km et au-delà | 80 000 € |
Les barèmes seuls ne disent pas grand-chose. Voici trois calculs complets, du kilowatt au montant à payer.
Une GT thermique de 283 kW émettant 206 g/km, immatriculée en Île-de-France. Sa puissance administrative est de 27 CV (1,80 × 2,83² + 3,87 × 2,83 + 1,34 = 26,71, arrondi à 27). La taxe régionale s'élève à 27 × 54,95 = 1 483,65 €. À 206 g/km, le malus est au plafond : 80 000 €. Avec les 13,76 € de frais fixes, le total atteint 81 497,41 € — et le malus en représente 98,2 %.
Une berline de 140 kW émettant 150 g/km, immatriculée en Bretagne. Puissance administrative : 11 CV. Taxe régionale : 11 × 60 = 660 €. Malus : 4 279 €. Total : 4 952,76 €.
La même berline, immatriculée en Auvergne-Rhône-Alpes. Rien ne change au véhicule ; seul le tarif régional passe de 60 € à 43 €. Taxe régionale : 473 €. Total : 4 765,76 €, soit 187 € de moins pour la même voiture.
| Véhicule et région | CV | Taxe régionale | Malus CO₂ | Total |
|---|---|---|---|---|
| 283 kW · 206 g/km · Île-de-France | 27 CV | 1 483,65 € | 80 000 € | 81 497,41 € |
| 140 kW · 150 g/km · Bretagne | 11 CV | 660,00 € | 4 279 € | 4 952,76 € |
| 140 kW · 150 g/km · Auvergne-Rhône-Alpes | 11 CV | 473,00 € | 4 279 € | 4 765,76 € |
Deux mécanismes réduisent la facture, et ils jouent sur des postes différents.
⚠️ Un véhicule d'occasion déjà immatriculé en France ne redéclenche pas le malus CO₂. Celui-ci est dû à la première immatriculation française : l'acheter d'occasion sur le marché intérieur n'y expose pas.
Un véhicule électrique ne paie aucun malus CO₂ — il n'émet rien à l'échappement — et il est exonéré du malus au poids.
Reste la taxe régionale, et c'est là que la situation a changé : la plupart des régions ont supprimé leur exonération « véhicule propre » depuis 2025. Un électrique paie donc aujourd'hui sa carte grise au tarif plein dans la quasi-totalité des régions métropolitaines, les Hauts-de-France conservant un abattement de 50 %.
⚠️ Ce que nous ne calculons pas : la puissance administrative d'un véhicule électrique relève d'une formule distincte, modifiée au 1ᵉʳ mars 2026. Notre calculateur ne la modélise pas encore et ne rend donc pas de valeur pour ces véhicules, plutôt que d'en afficher une approximative. Un montant faux serait plus coûteux qu'un montant absent.
Sur Luxydrive, vous n'avez rien à ressaisir : le coût d'immatriculation est calculé et affiché directement sur chaque annonce, à partir des caractéristiques réelles du véhicule — puissance, émissions homologuées, masse en ordre de marche, année de première mise en circulation.
Et il ne s'arrête pas à la France. Chaque fiche affiche le coût dans six pays — Tchéquie, Luxembourg, Belgique et ses trois régions, France, Allemagne, Pays-Bas — avec, pour chacun, ce que le montant couvre exactement. Sur un achat transfrontalier, c'est la différence entre un prix affiché et un budget réel.
Non. Le malus CO2 se calcule uniquement sur les émissions de CO2 en g/km, mesurées en WLTP. Les chevaux fiscaux servent à calculer la taxe régionale de carte grise, qui est une taxe distincte. Les deux figurent sur le même document, mais elles n'ont aucune assiette commune. Seule exception : les véhicules sans réception communautaire, donc sans CO2 homologué, relèvent d'un barème fondé sur la puissance administrative.
Pour un véhicule immatriculé pour la première fois en France depuis le 1er janvier 2021, la puissance administrative vaut 1,80 × (PM/100)² + 3,87 × (PM/100) + 1,34, où PM est la puissance nette maximale du moteur en kilowatts (case P.2 de la carte grise). Le résultat est arrondi à l'unité supérieure. Un moteur de 200 kW donne ainsi 17 CV.
En 2026, le malus CO2 se déclenche à 108 g/km pour 50 € et plafonne à 80 000 € à partir de 192 g/km. Le barème est défini gramme par gramme : 150 g/km coûtent 4 279 €, 160 g/km 8 770 €, et 170 g/km 22 380 €.
Non. Chaque conseil régional vote son tarif du cheval fiscal, de 43 € en Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France à 60 € dans six régions. L'écart atteint 187 € sur une carte grise de 11 CV, pour exactement la même voiture.
Un véhicule électrique ne paie aucun malus CO2 et est exonéré du malus au poids. En revanche il paie la taxe régionale : la plupart des régions ont supprimé leur exonération véhicule propre depuis 2025, les Hauts-de-France conservant un abattement de 50 %.
Un véhicule déjà immatriculé en France ne redéclenche pas le malus : celui-ci est dû à la première immatriculation française. Un véhicule importé d'occasion, lui, y est soumis, au barème de son année de première mise en circulation et avec une décote qui croît avec son ancienneté. Par ailleurs, la taxe régionale est réduite de moitié dès dix ans d'âge.